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Mars 11, 2010
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Bill Jordan & Realtree

A propos de Realtree

C'est en 1983, que Bill Jordan est entré dans l'industrie de la chasse en fondant Spartan Archery Products, dans l'arrière boutique du magasin de son père qui vendait des bateaux à Columbus en Géorgie. Spartan fabriquait des T-shirts et Bill vendait sa production dans les magasins de la région. Ce type de production est extrêmement dur, avec des marges très faibles où tout est basé sur une forte capacité de production. Même les grandes marques sont obligées de se battre, alors que dire d'un petit débutant. La situation financière de Bill Jordan était critique et l'obligeait à participer à des compétitions de pêche, pour arrondir ses fins de mois. Pourtant, il n'a jamais cessé de chercher une solution pour distinguer ses produits de la masse.

En 1986, au début de la révolution du camouflage, Bill a compris qu'il fallait s'engouffrer dans la brèche. C'est assis pendant des heures devant la maison de ses parents, qu'il s'est appliqué à reproduire le dessin de l'écorce d'un tronc de chêne. Aujourd'hui encore, sa mère habite la maison et le chêne garde toujours souverainement les lieux.

Bill était persuadé qu'en superposant des images de branches et de feuilles avec en fond celle d'un tronc vertical, il pouvait créer une image tri-dimensionnelle adaptée à une multitude de paysages et obtenir ainsi un brevet unique. Après avoir cherché un fabricant textile capable de répondre à ses attentes, il a fait produire ses premiers vêtements camouflés et s'est empressé de les photographier. 

Il restait ensuite à promouvoir l'idée, ce pourquoi Bill a choisi de photographier des archers qui portaient les vêtements camouflés. Les images étaient envoyées à intervalles réguliers, aux principaux magasins de chasse dans tout le pays. Pendant sept mois, chaque magasin recevait ainsi tous les mois un courrier avec de nouvelles photos et ce, jusqu'à l'ouverture du Shot Show 1986. Bill se souvient de cette époque : “Nous n'avions pas trouvé le procédé, permettant de fixer durablement le camouflage au tissu. Les motifs se décollaient sans cesse et je n'avais qu'un modèle disponible. Les acheteurs me demandaient des échantillons, mais je n'avais que des photos à leur envoyer et ne pouvais pas leur avouer que les motifs se décollaient”.

Dans les semaines qui précédaient le salon, la tension était extrême. Seul un miracle a permis de dénouer tous les problèmes. Quelques semaines avant le salon, la société Eastbank Textiles a trouvé une solution pour imprimer les motifs sur le textile. Une semaine avant le salon, Bill ramenait un rouleau de 30 mètres avec lui dans l'avion, mais son bagage a été mal orienté vers Columbus dans l'Ohio et non Columbus en Georgie. 

Finalement j'ai récupéré le rouleau un lundi, alors que le salon ouvrait ses portes le jeudi et que des mannequins attendaient déjà sur le stand. Le tailleur m'a préparé les échantillons pour mercredi matin et dès l'après-midi, je sautais dans l'avion pour me rendre au salon. Dans la nuit qui précédait l'ouverture, nous avons monté le stand. J'étais totalement angoissé, n'ayant aucune expérience dans ce domaine et dès le lendemain tous les acheteurs allais se présenter chez moi, pour enfin voir les modèles tant attendus”.

Je n'avais pas d'usine de production, à l'exception de Spartan qui n'avait pas un sou en caisse. Impossible dans ces conditions, de remplir le moindre bon de commande. Les seuls éléments dont j'étais certain, c'etait d'avoir quelques échantillons sur mon stand de 20 mètres carrés et je ne pouvais qu'espérer la visite de quelques acheteurs”.

Dès l'ouverture à 9h30, l'acheteur de Bass Pro est arrivé, suivi dix minutes plus tard par l'acheteur de Oshman, lui-même suivi par celui de Wal-Mart. J'avais les trois plus gros acheteurs sur mon stand et ne savais plus quoi faire”.

L'acheteur de Wal-Mart, Wally Switzer, s'est penché vers Bill et lui a demandé s'il était capable d'honorer leurs commandes. En toute franchise, Bill lui a répondu que non, car il n'avait plus un sou en poche. Sur ce, Wally Switzer lui a parlé d'une société appelée Walls, qui produisait de nombreuses collections textiles pour leur compte. Etrangement, les deux autres acheteurs lui ont tenu les mêmes propos et la société Walls revenait sans cesse dans la discussion.

Ils me demandaient qui j'avais choisi pour produire des chapeaux et qui pour les gants, mais je leur ai simplement dit que je n'en avais pas la moindre idée !

Les trois sont restés un bon moment sur le stand, à discuter et poser des questions. Finalement, Wally Switzer s'est absenté avant de revenir avec son interlocuteur de chez Walls. Celui-ci voulait acheter le tissu chez Eastbank Textiles, produire les vêtements et voir comment réagiront les clients. C'est ainsi qu'est née la première licence.

Dans la mesure où Eastbank Textiles avait réussi à résoudre les problèmes d'impression que rencontraient Bill, la logique voulait que ce soit eux les premiers à obtenir la licence. Chaque mètre de tissu camouflé produit, apportait de l'argent dans les caisses à Bill. Personne ne savait comment conclure ce genre de licence, mais le premier modèle écrit par Bill a été celui utilisé pour tous les autres qui ont suivi.

Il est intéressant de savoir qu'à cette époque, Spartan-Realtree Products (le nom officiel de la société qui présentait les produits au Shot Show) n'avait pas eu les moyens de payer l'intégralité du stand avant le salon et que Bill avait négocié le paiement d'un acompte, puis le solde au matin de l'ouverture.

En fait n'ayant pas l'argent disponible, Bill était obligé de se cacher à chaque passage des organisateurs du salon. Ce n'est qu'à la fin du salon, qu'il a réussi à trouver la somme nécessaire.

Il existe des dizaines d'anecdotes du même genre, car Realtree a commencé avec un budget qui frise le ridicule. Ainsi, les premiers locaux étaient installés dans une église abandonnée, qui était louée. Les bureaux occupaient la place de la chorale, le stock était dans la sacristie et la préparation des colis se faisait dans la nef. Les temps étaient durs, mais chaque petite victoire commerciale était célébrée par tout le personnel.

Très vite, Bill a compris que la promotion de son camouflage était vitale pour la survie de la société. Il avait compris que chaque fabricant ne s'occupait que de la promotion de ses propres vêtements, peu importe le motif de camouflage qui y était imprimé. Seule la promotion de son propre camouflage, pouvait assurer une demande de la part des fabricants. C'est ainsi que Bill s'est investi à fond avec ses maigres finances, dans chaque opportunité de mettre en avant les motifs de camouflage Realtree. Cette façon de faire, lui a permis d'être souvent un pionnier en matière de communication avec l'industrie des sports de plein air.

La prise de risque s'est avérée payante, puisque l'esprit visionnaire de Bill Jordan a permis à sa société de connaître une croissance très forte. Depuis les débuts difficiles dans la fin des années 80, Realtree n'a cessé de monter en puissance pour devenir aujourd'hui l'une des plus grandes marques dans l'industrie de la chasse. Plus de 80 personnes sont employées à Columbus en Géorgie et des bureaux s'occupent du marché européen. La première licence signée en 1986 a été multipliée depuis, pour atteindre actuellement plus de 800 signatures.

A propos de Bill

Pour la plupart des gens, Bill Jordan est le fondateur des camouflages Realtree et Advantage, ainsi que le présentateur de la collection vidéo Monster Bucks et l'animateur de l'émission télévisée Realtree Outdoors que l'on peut voir sur la chaîne ESPN2. Tout ceci correspond à l'image transmise par les médias et le petit écran : Bill le professionnel. En fait, si vous tentez de regarder en coulisse, vous découvrirez bien plus de choses à propos de Bill Jordan.

Bill était le cadet de quatre enfants (Butch son frère, Katherine et Val ses deux soeurs) et a grandi au sein d'une famille de classe moyenne dans les faubourgs ruraux de Columbus en Géorgie. Léon, son père, avait un commerce de matériel nautique, qui a prospéré le jour où l'Etat a construit un lac sur la rivière Chattahoochee. Cette rivière sépare  Columbus de Phenix City, dans l'Alabama.

Le lac se trouvait juste derrière la maison des Jordan et offrait de fabuleuses pêches. Léon possédait aussi une petite ferme où, en bon chasseur passionné, il emmenait Bill pour tirer des pigeons et des cervidés. 

Chez les Jordan il y avait toujours une activité intense, tous les enfants du quartier en ayant fait leur terrain de jeu. Bill et ses amis pratiquaient le football, le basketball et le baseball. En plus de ces activités, Bill écumait les montagnes et les lacs environnants, à la recherche de gibiers et de poissons. Sa mère Kitty se souvient encore de ces matinées, où il se levait aux aurores pour aller pêcher, avant d'engloutir un petit-déjeuner et de filer à l'école.

A cette époque, ce rythme était le lot de tout jeune américain qui vivait à la campagne. Il a permis à Bill de développer sa condition physique et sa passion pour la nature. Ce quotidien, avait bien entendu pour cadre une présence familiale permanente.
Si Léon n'est plus de ce monde, Kitty occupe aujourd'hui encore la maison familiale vieille de 60 ans et où a grandi Bill.

Le collège de Columbus où Bill a débuté ses études, lui a donné l'occasion de faire ses preuves en basketball et football. Néanmoins, c'est en baseball que Bill se défendait le mieux, mais il n'avait pas le temps nécessaire au maintien d'un bon niveau dans toutes les disciplines. Les aptitudes athlétiques de Bill étaient naturelles, il n'avait jamais besoin de faire des gros efforts pour arriver à un bon niveau. Il est vrai que lui et ses amis avaient grandi à la chasse, à la pêche et en faisant du sport. Dans les années 60, ces activités étaient de toute façon les seules disponibles pour de jeunes campagnards.

L'équipe de football dont Bill était le gardien de but, a reçu tous les honneurs. Plusieurs universités dont celles de Georgie, Auburn, Tennessee et du Mississippi lui ont proposé de les rejoindre.

En fin de compte, Bill s'est définitivement orienté vers le football. Alors qu'il lui restait les universités du Mississippi et d'Auburn pour faire son choix, c'est vers celle du Mississippi (appelée Ole Miss) qu'il s'est tourné, car le campus était proche de superbes terrains de chasse et de pêche. 
Au sein de l'université, Bill participait à deux équipes de jeu de quilles, malgré des problèmes de tendon qui lui on valu plusieurs mise au repos obligatoire. Côté football, Bill a eu la chance de partager sa chambre avec le fameux défenseur Archie Manning, qui reste aujourd'hui encore un très bon ami.

En quittant l'université en 1973, ses problèmes de tendons l'ont empêché d'envisager une carrière sportive, c'est ainsi qu'il est revenu à Columbus dans l'idée de reprendre le magasin familial. Il y a travaillé aux côtés de son père Léon et de son frère aîné Butch. A cette époque, les compétitions de pêche à la perche étaient très populaires. Bill était un pêcheur fanatique et s'est très vite lancé dans la compétition, où il retrouvait ses amis et ses clients. Ces compétitions représentaient un véritable lien social, pour toute la vallée de Chattahoochee.

Les résultats de Bill étaient connus dans tout le secteur, où très vite il a été reconnu comme étant l'un des meilleurs pêcheurs de perche. Après avoir gagné plusieurs compétitions, Bill s'est mis en tête de participer au championnat de pêche à la perche, mais la raison l'a emporté car il devait rester chez lui pour aider son père et son frère.

Après avoir fondé sa propre société, Spartan Archery Products en 1983, Bill a poursuivi ses compétitions au niveau local, car elles lui permettaient de gagner entre 2000 et 10 000 Dollars US. Cet argent était alors utilisé, pour payer ses quelques employés. Ce n'est qu'en 1986, après avoir lancé Realtree, que Bill a mis fin à ses compétitions de pêche.

La création de Spartan Archery Products est née du désir qu'avait Bill d'avoir sa propre société, si possible en relation avec la chasse et la pêche. Il a essayé de définir quel segment pouvait être le plus rentable et s'est décidé pour les T-shirts camouflés, un produit que tous les chasseurs et pêcheurs achètent chaque année. Très vite il s'est mis à produire chez lui et à vendre dans tout le pays. De nombreux magasins achetaient ses produits, mais les marges étaient très faibles et le bénéfice très difficile à atteindre.

Au milieu des années 80, alors que les camouflages modernes faisaient leur apparition, Bill a été l'un des tous premiers à se lancer sur ce marché. Il a eu l'idée de reproduire une feuille d'arbre en superposition avec l'écorce d'un arbre, ce qui permettait d'avoir une vision en trois dimensions. Pour dessiner ses modèles, il s'est contenté de s'asseoir dans le jardin de ses parents et à recopier le tronc d'un chêne, qui est toujours présent devant la maison à ce jour. Cet arbre, est le point de départ de toute la ligne Realtree.

Après des débuts difficiles à la fin des années 80, Realtree a très vite pris de l'ampleur au cours des années 90, pour devenir une des plus grandes marques dans l'industrie cynégétique. Malgré son succès, Bill n'a jamais cessé d'innover. Sa société reste toujours à la pointe de la technologie, ce qui lui permet de conseiller ses clients (les marques qui achètent le droit d'exploiter les motifs de camouflage) à propos du meilleur usage que l'on puisse faire des produits. Malgré l'utilisation d'ordinateurs ultra-puissants, d'appareils photo numériques et d'impressions très réalistes, Bill garde toujours un oeil sur chaque développement de nouveau motif.

Bill Jordan, est également un pionnier en matière de communication radio et télévisée. Dès la fin des années 80, il avait compris l'intérêt de la communication pour faire connaître sa marque et vendre ses motifs camouflés. En juillet 91, Bill s'est adjoint les services du réalisateur David Blanton originaire de La Grange en Géorgie, afin de produire la collection de vidéos Monster Bucks et l'émission télévisée Realtree Outdoors.

D'un point de vue personnel, Bill s'est intéressé à la compétition automobile NASCAR vers la fin des années 80, ce qui lui a permis de faire connaissance avec deux pilotes très réputés, Davey Allison et Dale Earnhardt (décédés depuis), avec qui il a partagé plusieurs séjours de chasse. Ce fut l'opportunité de sympathiser avec l'actuel propriétaire de la voiture de Dale Earnhardt, Richard Childress, dont Realtree est actuellement le sponsor principal.

Une entreprise qui réussit, demande un énorme investissement en temps et en énergie. A la fin des années 90, Bill était en déplacement plus de 250 jours par an, pour diriger son entreprise et participer à des événements relationnels. Récemment, il a décidé de diviser par deux la durée de ses absences, afin de consacrer plus de temps à sa femme Shannon et à leur fils Tyler.

Pour Bill, la famille est plus importante que tout. Avec son épouse, il partage chaque étape du développement de Tyler et tout particulièrement ses progrès au baseball. Bill adore emmener son fils à la chasse et à la pêche (d'ailleurs vous le verrez bientôt dans les vidéos Monster Bucks et à la télévision).

Malgré un succès incontestable dans les affaires, Bill n'oublie pas ses débuts dans l'arrière boutique de son père. Ceci lui permet d'être aussi à l'aise en discutant avec des fermiers de l'Iowa, qu'avec le représentant d'une grande association.

Les difficultés étaient nombreuses sur le chemin du succès et le futur souvent incertain. Mais Bill a toujours persévéré, son génie pour la communication ayant certainement largement contribué à faire de lui et de Realtree, ce que l'ont voit aujourd'hui.
En fait, Bill Jordan est une véritable “success story” américaine à lui tout seul.


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