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Le Muntjac
Auteur Lyonel Chocat
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il arrive aux portes de Londres
le Muntjac, petit cervidé asiatique, s’est bien adapté au climat anglais. L’animal est étonnant avec ses grandes canines et ses glandes odorantes. Sa chasse est palpitante et rappelle celle du chevreuil. Petite séance d’affût dans la campagne londonienne.
Le coq faisan bat bruyamment des ailes. Il piète un peu sur l’allée forestière et soudain s’envole pour se brancher dans un pin. Il va se coucher. Juste à la limite du bosquet vert de rhododendron, tapis dans l’ombre, deux yeux noirs guettent l’oiseau. Les derniers rayons du soleil se reflètent sur les crocs sortant de la gueule du petit animal. Un autre, une jeune femelle, sort du buisson impénétrable. Elle observe les arbres dans la même direction que le vieux mâle. Elle hésite un instant, avance un peu dans les hautes herbes et se met à brouter quelques feuilles. Et oui, malgré ses crocs qui le font ressembler à un tigre à dent de sabre, le muntjac est bel et bien un herbivore. Nous ne bougeons pas un cil. Malgré nos tenues camouflées nous sommes très exposés à la vue des cervidés sur notre large chaise d’affût adossée contre un bouleau. « Le muntjac est très méfiant » me chuchote en anglais Owen, le guide de chasse.
Il faut dire, pour finir de planter le décor que nous ne sommes qu’à… 80 km de Londres. Et oui, tout aussi étrange et peu répandu qu’il soit, le muntjac se plait merveilleusement bien dans la campagne londonienne. A croire que cette région lui rappelle l’Asie, sa terre d’origine. Mais revenons à notre affût, le canon de la carabine se dirige doucement vers le beau mâle. Il observe les alentours. Le nez en l’air il cherche les émanations qui pourraient trahir un prédateur. Ses canines sont très longues et facilement observables aux jumelles. Etonnant ! Le réticule de la lunette se place sur l’épaule du petit cervidé, de la grosseur d’un faon de chevreuil à l’ouverture de la chasse. Certains individus peuvent toutefois atteindre plus de 25 kg pour seulement 50 cm de hauteur, une vraie boule! C’est une petite cible. Concentration.
Owen se penche doucement et dans un souffle me précise « tu dois le tuer net. Vise l’omoplate, place bien ta balle sinon nous ne pourrons pas le retrouver, c’est un gibier très solide malgré sa petite taille. S’il n’est pas mort il s’enfuira dans les rhododendrons et nous ne pourrons pas rentrer dedans tellement c’est dense. Même mon chien n’arrive pas à les suivre ! » Merci, mon cœur ne battait peut être pas assez vite… Un peu sous pression l’index appui sur la queue de détente, doucement, afin de se faire surprendre par le départ. Pan, plus rien. Malgré le recul modéré de l’arme du au calibre pondéré, du 308 win, je ne vois plus l’animal dans la lunette mais la tape dans le dos que je reçois me rassure. Owen, les yeux rivés dans les jumelles a bien vu le muntjac s’effondrer dans ses traces. Nous descendons l’échelle et parcourons rapidement la distance qui nous séparait du gibier. Il est là, couché. Balle parfaite.
Qu’il est beau! Ses crocs lui donnent un aspect irréel, un délire de taxidermiste. Un V noir partant du nez pour rejoindre les pivots des bois confère à sa face un aspect de masque africain. Il fait presque peur ce petit cervidé. En plus des larmiers, sous les yeux, deux autres glandes, situées dans un repli de peau sur le front comporte une bonne dose de musc… un produit recherché en parfumerie mais qui à l’état mur ne sent pas la rose ! Les mâles marquent leur territoire en se frottant le front contre des arbres. Mon premier muntjac est là et je ne cesse de caresser son poil tant la quête de ce petit gibier fut intense et passionnante. Certes ce n’est pas un marco polo qu’il faut tirer à plus de 4000 mètres d’altitude ou un Tar que l’on chasse en Nouvelle Zélande mais le muntjac , comme le chevreuil, donne de bonnes sueurs froides au chasseur.
Dans le secteur dont Owen s’occupe une superbe population de muntjac s’est installée au fil des ans. De plus le guide réparti les prélèvements afin de conserver une bonne pyramide des âges et celui que nous venons de tirer se situe en haut de cette pyramide. Avec un trophée de 11 cm sur la tête notre mâle se classe… parmi les médailles d’argent. On est loin des trophées de wapiti aux andouillers démesurés. Ici chaque centimètre compte et en voyant la tête de mon guide quand le vieux mâle est sorti des rhododendrons je compris vite qu’il ne fallait pas rater cette superbe chance. Les plus jeunes mâles portent des dagues de 3 à 4 cm de hauteur seulement.
Une fois les honneurs rendus et le gibier transporté jusqu’à la voiture nous repartîmes pour une petite séance d’approche. Au fil des chemins et sur des zones connues du guide nous avons pu observer plus d’une dizaine de muntjac. Il faut être attentif, scruter chaque bosquet de rhododendrons, chaque partie dégagée ou les animaux viennent se nourrir mais ou ils disparaissent vite dans l’herbe si celle ci fait quarante centimètre de hauteur! Que dire des faons? Minuscules mais très vifs. C’est un gibier surprenant, esthétiquement beau et dont la chasse est passionnante. On regrette presque de ne pas en avoir de ce côté ci de la Manche !
L’équipement idéal
La chasse du muntjac est identique à celle du chevreuil. Que se soit à l’approche ou à l’affût le chasseur devra s’équiper de tenues silencieuses, si possible camouflées. Des chaussures de marche imperméables sont idéales même sous une petite ondée… anglaise ! l’armement sera composée d’une carabine à verrou ou basculante dans des calibres pondérés : du 243 win au 7x64 avec des ogives simples voir soudées afin de bien travailler dans l’animal sans abîmer la venaison qui est ensuite vendue. Une paire de jumelles lumineuses est recommandée.
Aller chasser le muntjac
Les populations de muntjac d’Angleterre sont issus d’une évasion d’animaux en provenance du parc de Woburn dans le sud de l’île. C’est dans la région de South Oxfordshire, près de Henley on Thames, à environ 45 minutes de l’aéroport de Londres Heathrow que les densités sont les plus importantes. La meilleure période pour le chasser se situe de janvier à Avril. Comptez environ entre 180 et 250 euro de taxe d’abattage pour un beau mâle. La société Cervus – UK propose des séjours complets avec hébergements et restauration.
Cervus-UK
Corriegour House
39 Fox Lane
Alrewas
Burton on Trent
Staffs.
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England
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